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L’histoire du ravitaillement en carburant de l’armée soviétique
Quelques dates 1917,
la section automobile du Comité révolutionnaire militaire de
Petrograd devient responsable de la gestion de l’approvisionnement et de la
distribution du carburant.
1930, la motorisation des forces armées soviétiques impose une
centralisation de la chaîne logistique. 11 janvier 1933, sous l’impulsion du
Comité révolutionnaire militaire, une section du carburant est créée. Mars
1933, cette section devient la direction du carburant. 1938, l’armée rouge
ne dispose que de 25 techniciens confirmés alors qu’il lui en faudrait
2500 !!!!! Entre 1938 et 1941, le général Pyotr Kotov, successeur du colonel
Movchin assassiné par le NKVD n’entreprend aucune réforme. Le département
stagne. 23 aout 1939, signature du Pacte germano-soviétique. L’Allemagne
reçoit annuellement 900 000 tonnes de pétrole dont 100 000 tonnes d’essence
pour avion. Ce carburant fera cruellement défaut en 1941. Août 1938, lors
des combats dans la région du
lac Khassan, l’armée soviétique met en œuvre 4 200 camions qui effectuent
une noria entre la zone d’acheminement par rail et la zone de combat. 1941,
le haut commandement prend conscience de la réelle importance du
ravitaillement. A chaque réunion préparatoire d’un exercice, un volet
analytique traite du soutien en carburant. Durant cette période, pour
contourner la problématique liée au transport de carburant par véhicules
motorisés eux-mêmes consommateurs de carburant, on expérimente l’utilisation
de ponts aériens. Hélas, cette solution est peu concluante. Autre solution,
le pipe-line*. Véritable cordon ombilical entre l’arrière et le front, il
permet d’économiser de nombreux véhicules et personnels qualifiés. Modulable
en fonction de la situation, il s’allonge au fur et à mesure de la
progression des troupes. Une chaine de ravitaillement peut avoir jusqu’à 200
km de long. *Jusqu’à l’effondrement du Pacte de Varsovie, le Groupement
de Forces Soviétiques en Allemagne ou «GFSA» prévoyait la mise en œuvre de
plusieurs régiments de pipe-lines pour l’acheminement du carburant en cas
d’offensive contre les forces de l’OTAN.
1941, l’année noire
En 1941, l’armée soviétique dispose de 166 divisions et de 9 brigades
indépendantes sur sa frontière Ouest. La force blindée, tous types de chars
confondus, s’élève à 15 000 engins. Moins d’un tiers est opérationnel. 22
juin 1941, l’invasion de l’Urss débute, nom de code « Barbarossa ». Les
forces allemandes terrestres appuyées par la Luftwaffe s’enfoncent
rapidement en territoire soviétique. Concentrations de matériels et de
troupes, aérodromes sont sous le feu permanent de l’ennemi. La logistique
n’échappe pas aux attaques répétées.
Bombardement des Stukas, actions de commandos, retraite désordonnées
des troupes, ordres et contre-ordres désorganisent le ravitaillement.
En juillet 1941, la plus grande partie du carburant est partie en
fumée. 8 500 wagons citernes sont détruits et des centaines de camions sont
également détruits ou capturés par les Allemands. Nombre de contre-attaques
soviétiques ne peuvent être menées faute de carburant. Le 12 juillet 1941,
en 20 jours de combat, 52% de la logistique soviétique sont soit capturés,
soit aux mains de l’ennemi. La situation empirant,
de nombreuses ponctions se font sur les éléments de l’arrière, ce qui
accroît encore la désorganisation. Entre le 1er juillet et le 15
août, l’approvisionnement en carburant est gelé sur le front Ouest et
Nord-Ouest. Avantage pour les soviétiques, les forces allemandes ne peuvent
plus « puiser» dans le carburant capturé. Autre conséquence, l’avance rapide
des forces allemandes n’a pas permis aux russes de déployer de pipe-lines.
Fin 1941, la situation est catastrophique, il n’y plus assez de moyens de
stockage et de distribution de carburant. De même, les camions citernes,
détruits ou capturés par centaines manquent de manière significative.
Quelques exemples de consommations de chars russes engagés en juin 1941
T-28
Capacité du réservoir : 650 litres Autonomie : Route : 220 km
Consommation : 295 l/100km Tout terrain : 160 km Consommation :
376l/100km
KV-2
Capacité du réservoir : 600 litres Autonomie : 160 km²1
KV-1
Capacité du réservoir : 600 litres Autonomie : 250 km
T-34
Capacité des réservoirs : 420 litres Autonomie : 300 km Consommation :
140l/100 km
BT-5
Capacité des réservoirs : 400 litres Consommation : 270l/100km
Autonomie : 150 km
BT-7
Capacité des réservoirs : 790 litres Consommation : 230l/100km
Autonomie : 350 km
T-26
Capacité du réservoir : 285 litres Consommation : 160l/100km
Autonomie : 100 à 225 km selon le modèle
T-60
Capacité du réservoir : 320 litres Consommation : 55l/100km
Autonomie : 580 km
Les camions ZIS-5V
Novembre 1941, la Wehrmacht s’approche dangereusement des faubourgs
de Moscou. L’usine ZIS arrête la
production des camions. Les machines-outils et les chaînes d’assemblage ont
été évacuées dans l’Oural. Mais en janvier 1942, tenant compte de
l’importance des pertes de véhicules de transport subies au front, le
gouvernement décide de rétablir la production de camions à Moscou. Par
manque de spécialistes, d’équipements et de matières premières de qualité,
la construction de camion ZIS-5 est simplifiée et la silhouette générale du
véhicule a considérablement changé. Economie de guerre oblige, la nouvelle
version « surnommée l’austère » utilise 200 kg de métal en moins. La cabine
du chauffeur et la caisse arrière sont réalisées en bois. L’essieu avant est
dépourvu de freinage de roue. En mars 1942 dans la ville d'Ulyanovsk, une
première série de camions de Zis-5 est produites à partir des éléments
évacués. En juin, les premier Zis-5 sont assemblés à Moscou. Dans l’Oural,
la production de camions (dans la ville de Myass) commence seulement en
1944. Le châssis du Zis-5V a été utilisé pour être décliné en plusieurs
versions. Les modifications suivantes ont été produites en série : camion
équipé d’un train de roulement arrière semi chenillé ou Zis-42, camion
équipé d’un shelter ambulance ou Zis-44, camion équipé d’une citerne de 3000
litres ou BZ-ZIS-5V, camion équipé d’une citerne aviation ou BZ-43 et VMZ,
camion porte projecteur de DCA 3-5-12,
camion atelier ou PM-5. Une version
a été aussi équipée d’armements divers pour la lutte anti-aérienne.
La production du Zis-5 et de l'Oural Zis-5 se poursuivit
après la fin du conflit, d’autres versions apparurent : lorrys,
camions-grues ainsi qu’une déclinaison de plusieurs dizaines de camions de
servitudes diverses.
Caractéristiques techniques
Année de production : 1942-1946 (ZIS 5 V) Longueur : 5820 mm
Largeur : 2100 mm Hauteur : 2185 mm
Empattement : 3810 mm Châssis : 4x2 Citerne :
3000 litres Pneumatiques : 34x7 Moteur diesel 6
cylindres 5522 cc à refroidissement liquide Boite de
vitesse : 4 avant 1 arrière Alimentation électrique : 6 volts
Puissance : 76 cv à 2400 t/mn Vitesse maxi : 60 km/h
Capacité réservoir : 60 l Autonomie : 200 km
Pompe : manuelle (type Garda) x2 Usines de production : Ulyanosk (1942)
Myass Oural (1942-55) Moscou
Sources : Notice de
montage du BZ ZIS-5V
De l’or noir pour les « rouges » le ravitaillement en carburant de l’armée
soviétique de Nicolas Legrand
batailles et blindés n° 44
Documentation personnelle Alain Beck
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