Raketenwerfer auf Fahrgestell
PzKpfw IV

 

 

De par sa conception et sa forme, on peut considérer le Raketenwerfer auf Fahrgestell PzKpfw IV comme un des ancêtres de nos  LRM modernes. Le LRM ou lance-roquettes multiple est un système d’arme monté sur un châssis de char ou de camion constitué d'une batterie de lance-roquettes. Celles-ci, contrairement aux armes antichars à tir tendu, ont un vol balistique. Ces systèmes d’armes sont intégrés dans l’artillerie et font partie des armes dites de « saturation ». Condamnée à limiter le nombre de bouches à feu et la puissance de son artillerie classique par le Traité de Versailles, l’Allemagne contourne les clauses du « Dicktat » en développant les roquettes à propulsion solide. Cette catégorie d’artillerie n’entre dans aucune clause du Traité. Le programme est baptisé « Nebelwerfer » ou « faiseurs de brouillard ». Fin des années trente, les russes eux aussi travaillent sur les roquettes sol-sol. Leur système d’arme deviendra les célèbres « Katioucha »   ou « orgues de Staline ». Le 14 juillet 1941, une batterie d'artillerie expérimentale de sept lanceurs sera utilisée pour la première fois dans un combat contre l'armée allemande à Orcha, en Biélorussie, sous le commandement du capitaine Flerov. Durant toute la Seconde Guerre mondiale, ces armes auront deux défauts  majeurs, un tir manquant de précision mais compensé par l’effet de saturation et une traînée de fumée laissée dans son sillage par la combustion de la roquette. Ces traînées peu discrètes auront comme inconvénient majeur de signaler les emplacements de départ et d’attirer les feux de contre batterie ennemis. Cependant, le sifflement strident émis lors de son vol  et sa puissance de destruction au sol en faisait une arme efficace et redoutée par l’infanterie.

Le Raketenwerfer auf Fahrgestell PzKpfw IV est basé sur un châssis standard de Panzer IV  dont on a remplacé la tourelle normale par une tourelle  biplace raccourcie. Sur le plateau arrière solidaire de cette tourelle on trouve un container contenant quatre roquettes de 28 cm. L’élévation de ce container se fait par un système hydraulique. Il semble qu’un seul prototype fut développé durant le conflit. Aucun test ne fut fait en configuration opérationnelle. Une des raisons de l’abandon de ce projet pourrait être le besoin d’un châssis de char pour transporter une salve de quatre roquettes alors qu’à cette époque des lanceurs moins onéreux étaient déjà opérationnels. De plus, ces lanceurs avaient une capacité de tir supérieure à ce projet. Pour exemple, le Sdkfz 251 « Stuka zu fuss » qui pouvait transporter un groupe de combat. Son armement complémentaire était composé de six armatures, disposées parallèlement de chaque coté du véhicule, qui lançaient des roquettes explosives (Sprengranate) de 30 centimètres. Les armatures étaient orientables et permettaient donc d'ajuster l'angle de tir de +5° à +40°. Des roquettes incendiaires (Flammgranate) de 28 et 32 centimètres ont été également utilisées sur cet appareil. Autre lanceur léger, le nebelwerfer 41 tracté avait lui aussi une capacité de lancement de six roquettes de 150 mm WGr.