Rheintochter

 

rheinto.jpg (28442 octets)

 

Les derniers missiles sol-air développés furent ceux de la série des " Rheintochter ". Ce projet prit corps en 1942, sur une demande de la Luftwaffe à Rheinmetall-Borsig de développer un missile sol-air ayant un plafond de 12000 m. Le résultat fut une énorme machine de 6 m de long, à deux étages de propulsion et combustible solide. Le missile portait une charge militaire de 135 kg. Il était lancé à partir d’un bâti adapté sur affût de pièce de 88 mm AA.   Les essais de tir commencèrent à la fin de l’été 1943, près de Leba, sur la Baltique. Au début de 1945, près de 80 missiles d’essais avaient été tirés, et les échecs auraient pu se compter sur les doigts de la main. Et, pourtant au milieu de 1944, la Luftwaffe décidait que la spécification des 12000 m pour plafond était insuffisante, qu’il fallait un modèle plus puissant. Rheintochter I fut donc relégué au rang de missile expérimental et un nouveau projet fut développé pour les besoins opérationnels. Ce fut Rheintochter III (personne ne sait ce qu’il advint du II), de conception encore plus efficace, de 4 pieds plus court, qui acceptait indifféremment les propulseurs à combustible liquide ou solide, et dont le décollage était assisté par des fusées d’appoint. Il était radioguidé sous contrôle optique de l’opérateur, ce dernier gardant le missile en vue grâce aux signaux pyrotechniques rouges implantés aux extrémités de l’empannage. A l’arrivée sur la cible, la charge militaire pouvait être mise à feu soit par télécommande de l’opérateur, soit par une fusée de proximité sensible au bruit des moteurs du bombardier. Plus ambitieux encore était le projet de Rheintochter piloté. Ce dernier faisait appel à l’intervention d’un pilote installé à plat ventre dans le nez du missile. Son rôle était d’en assurer le pilotage initial sur instruction du contrôleur au sol. Une fois le missile bien en place sur sa trajectoire d’interception, le pilote s’en remettait à son parachute et laissait le missile achever sa course jusqu'à l’impact. Ce dernier projet ne dépassa pas le stade de la planche à dessin, mais Rheintochter III put, quant à lui, être transféré au début 1945 jusqu’au polygone d’essais. Le système propulsif se comporta de façon assez satisfaisante mais le dispositif de radioguidage ne put être mis au point à temps pour des essais et l’ensemble du programme dut être annulé en février 1945.
Sources : les armes secrètes allemandes collection : les documents édition Hachette
Recherche : Alain Beck

 

rheintoa.JPG (50618 octets)
rheintob.JPG (47993 octets)
rheintoc.JPG (48651 octets)

réalisation Alexis Sevenich