Sherman ''Rhinoceros''
ou ''Rhino''

 

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Après la période de la consolidation de la tête de pont (du 06 au 14 juin), les forces américaines pénètrent dans les terres normandes. S’en suit la bataille du Cotentin (15 au 30 juin) et la bataille des marais (1 au 15 juillet).
Pour le fantassin américain, ces deux semaines de combat dans le bocage normand sont démoralisantes. Cette bataille des haies est une guerre cloisonnée où chaque compartiment est à lui seul un champ de bataille. Les Allemands sont passés experts dans le combat défensif. Les pertes américaines sont lourdes : 4700 hommes sur 1500 pour la 83e DI US en 12 jours et 2300 en dix jours pour la 4e DI US. Le soldat US est confronté à un ennemi redoutable et à un terrain qui l’est tout autant. Un sentiment d’oppression l’envahit. Il est entouré de haies, son champ de vision ne dépasse pas une dizaine de mètres. Chaque haie, qui doit être conquise de haute lutte, recèle son lot de tireurs embusqués, de pièges anti-personnels, de tunnels. Les routes sont étroites, rarement goudronnées, se transformant en fondrières à la moindre pluie. Et il pleut en ce " satané " mois de juillet !!! Si le soleil apparaît, ces routes se transforment en champs de poussière. La poussière soulevée par les véhicules révèle le moindre déplacement à l’artillerie allemande. Quoique disposant d’un nombre de coups bien inférieur à l’artillerie alliée, elle n’en est pas moins efficace par des tirs remarquablement ajustés. Ces conditions extrêmes entraînent de nombreux cas de " combat fatigue " (épuisement, dépressions nerveuses). Mais les pertes les plus importantes proviennent des éclats d’obus dont les blessures infligées, de par leurs aspects se révèlent elles aussi extrêmement traumatisantes. Le GI ne voit plus le bout de cette aventure et lâche désabusé : " We could see the war lasting for twenty years " (" cette foutue guerre peut durer vingt ans) ". Afin de sortir de cette impasse, le commandement américain conçoit le plan " COBRA " (24 au 30 juillet). Pour lancer cette offensive, la 1re armée américaine possède un certain nombre d’avantage. Le cloisonnement du terrain enlève aux chars allemands le bénéfice de leurs portés supérieurs à celle des chars alliés. De plus, début juillet, la 79e DI a conçu un modèle de " hedgecutter " (coupe haies). Modèle qui sera amélioré par le sergent Curtis G. CULLIN Jr

Les chars contre les haies

Lors de leurs progressions, les haies ont posé un redoutable problème aux unités de chars américains. Pour escalader,une haie ou un talus, le char se dresse et présente le bas de sa caisse. Cette partie du char est le plus faiblement blindée et les redoutables " casseurs de chars " équipées de " panzerfaust "   ou de " Panzerschrek " ne leurs laissent aucune chance. Pour permettre leur passage en dehors des routes étroites, les hommes du génie devaient faire exploser une portion de haies. Certains chars des " tank-dozers " étaient armés à l’avant d’une lame de bull-dozer. Quoique efficaces, de tels engins étaient peu répandus et moins maniables que les autres chars. Le bataillon du génie de la 3e DB US – le " 23rd Armoured Engineer Bn " - après les expériences de combats menées à Villiers-Frossard et aux Hauts-Vents, invente les dents fixées à l’avant des blindés ; le char " hedgecutter " ou " rhinocéros " est né. Cet accessoire était fabriqué en débitant et soudant des obstacles de plages allemands, abondant sur les côtes. C’est simple et ingénieux !!! Il permet au blindé équipé de cette modification d’ouvrir des brèches dans les haies et dans les talus du bocage normand. Le char fonçait droit sur la haie à une vitesse de 15 à 25 km/h. Il taillait une ouverture dans le talus ou dans la haie grâce à la lame qui le surmontait et emportait tout sans être obligé de s’arrêter.  Au moment où " COBRA " sera lancé, trois chars sur cinq seront équipés de " hedgecutter " mais, pour la surprise tactique, le général Bradley interdira leur usage avant l’opération. Fabriqué artisanalement, ce système présente plusieurs variantes.
Alain Beck
Source : COBRA la bataille décisive Normandie 1944 Georges Bernage George Cadel

 

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Sherman firefly IC hybrid hull  du Governor General's Foot Guard (21ème régiment blindé)
4éme division blindée canadienne armée canadienne été 1944  bataille de Normandie
Réalisation Alain Beck