| Super Pershing T26E4 |
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Successeur du Sherman, le « Pershing » arrive trop tard et en quantité insuffisante sur le théâtre européen pour avoir un rôle prédominant dans la fin du conflit. Les chars Panther et Tigre sont les bêtes noires des Sherman. Insuffisamment armé et blindé, le Sherman est une proie facile. Son canon de 75 mm n’a aucun effet sur le blindage des chars lourds allemands. Le 75 mm du Panther et le 88 mm des Tigre transpercent le blindage du Sherman sans aucune difficulté. Le ratio en perte est d’un char allemand pour 5 chars alliés. La bataille de Normandie est une véritable hécatombe pour les chars à l’étoile blanche. Américains et Britanniques essaient de palier ces faiblesses par l’augmentation du calibre et la mise en place de blindage additionnel. Hélas, ces solutions resteront un pis-aller. Issue d’un programme de recherche ayant commencé en mai 1942, la version définitive du T26E3 ne sera finalisée qu’au début de l’année 1945. Insatisfaction devant les prototypes présentés, errements dans l’avancée du projet et divergence de la part des responsables dans l’emploi tactique (ce char doit en théorie être utilisé en appui d’infanterie) feront que les premier Pershing n’apparaissent sur le théâtre européen qu’en février 1945. La première livraison est de 20 T26E3 ou M26 qui sont affectés aux 3rd et 9th Armoured Division US. Le char donne satisfaction dans les rares engagements contre des blindés allemands. Ces engagements ne se font pas sans perte du coté américain. Il souffre cependant d’une sous motorisation. Son canon M3 de 90 mm de 52 calibres est inférieur en résultat et n’égale pas les performances du 88 mm de 71 calibres du Tigre II. Une version améliorée, surnommée « Super Pershing » est expédiée en Allemagne à des fins d’expérimentation. Elle est équipée d’un canon de 90 mm T15E2 de 70 calibres. Le T26E4 « Super Pershing » Deux « Super Pershing » sont envoyés en Allemagne en mars 1945. Les modifications principales concernent l’armement et le blindage. L’armement principal est constitué par un canon de 90 mm T15E2 de 70 calibres. La munition de par sa taille est constituée en deux lots. Avec une vitesse initiale de 1 173 m/s, elle est capable de transpercer 220 mm de blindage incliné à 30° à une distance de 900m. L’obus utilisé est un HVAP à pointe de tungstène. La longue volée du canon oblige les ingénieurs à équiper la tourelle d’un contre poids et d’un système de 2 vérins pour équilibrer l’ensemble tourelle/canon. Arrivée sur le sol allemand, les 2 chars reçoivent un surblindage. Des plaques d’une épaisseur de 40mm sont installées sur le glacis avant et une plaque verticale de 80mm complète le blindage avant de la tourelle. Cette modification augmente de 5 tonnes le poids du blindé. Il existe deux témoignages d’engagement de « Super Pershing » contre des chars Tigre II. Le 21 avril 1945, en appui à la 36th infantry-Division, le « Super Pershing » du Staff Sergeant Joseph « Joe » Maduri engage en combat à Dessau contre un Tigre II. L’issu de cet engagement se solde par la destruction du Tigre II. L’engagement est décrit avec précision par le Corporal John P. Irwin canonnier à bord du T26E4 dans ses mémoires intitulées « Another River, Another Town, a Teenage Tank Gunner Comes of Age in Combat – 1945 ». Le 4 avril 1945, le long de la rivière Weser, un autre T26E4 aurait engagé un Tigre ou un Panther à une distance de 1 400m. Dans les deux cas, il subsiste un doute. L’étude des archives allemandes ne confirme pas la présence d’unités équipées de chars lourds dans la région et aucune photo ne corrobore les faits. Sans mettre en doute ces deux témoignages, dans un combat à mort, lequel des deux chars avait le plus de chance de détruire son adversaire ? Il est incontestable que le Pershing possède un armement principal et un blindage supérieur au Sherman. Mais face au Tigre II, ni son canon de 90 mm, ni son blindage n’égalent la technologie allemande. Un autre aspect de la supériorité est celui de l’entraînement des équipages allemands. Les tankistes de la Panzerwaffe ont de longues années d’expérience derrière eux, ils ont acquit une maîtrise du combat aussi bien en rase campagne qu’en combat urbain. De plus, ils savent utiliser au maximum les possibilités de leur machine de guerre. Un autre atout non négligeable, la qualité de l’optique de tir du canon de 88 mm permettant un taux de réussite de coup au but à des distance considérables dépassant souvent les 1 000/1 500 m .
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le blindage du Tigre II surclasse le « Super Pershing ». Comparons l’armement principal :
Si les caractéristiques balistiques de
la munition américaine sont
légèrement supérieures à celle de son adversaire, il faut tenir compte que
la munition de 90 mm est livrée en 2 lots. L’encartouchement de la munition
allemande de 88 mm est en une seule pièce d’où un gain de temps certain dans
un combat prolongé. La partie n’était donc pas
gagnée pour un équipage américain face à un adversaire allemand. |
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