Mémorial de la ligne Maginot de Marckolsheim

Ce musée est situé dans la casemate 35/3 Marckolsheim Sud  Cette casemate appartient à la 3e ligne dite ligne des villages. Elle est du type SFBR* spécial. En 1940, elle était commandée par le lieutenant Marois.
*SFBR : Secteur Fortifié du Bas-Rhin

16 juin 1940
Dès le début de matinée, les Stuka JU 87 s’en prennent aux grosses casemates de la ligne des villages sur lesquelles les attaques se succèdent. Leur méthode consiste à laisser tomber leurs bombes devant les créneaux de tir dans le but de les obstruer avec des projections de terre. Les explosions secouent les casemates et affectent le moral des défenseurs qui ne peuvent riposter à ces attaques incessantes. L’armement des créneaux est mis à mal par le souffle des explosions, ce qui rend la défense des blocks impossibles.

 Le 17 juin 1940 : La fin de la casemate 35/3
Sur la gauche de l’Inf.-Div.218, l’Inf.-Div.221 attaque en direction de Marckolsheim, sur le front du I/42e RIF du commandant Coulomb. Les deux grosses casemates de Markolsheim (34/3 Nord de l’adjudant-chef Guilbot et  35/3 du lieutenant Marois) bien qu’affaiblie par le bombardement, interdisent toute progression à l’Inf.-Rgt. 360 mais les Allemands disposent maintenant d’un atout particulier puisqu’ils ont réussi à faire passer un Flak 88 sur la rive gauche. La pièce prend à partie les cloches de la casemate Sud, ce qui permet aux assaillants de s’approcher en utilisant les trous de bombes et de couronner la casemate. De là, ils lancent à l’intérieur par le créneau de la cloche, une charge explosive qui arrache les armes et enfume l’ouvrage :
La casemate a frémi sous la déflagration. Un nuage de fumée sort des ouvertures de la cloche. Aucune réaction cependant et le silence persiste à l’intérieur. L’Unteroffizier Heintke descend de la superstructure et prépare cette fois une charge allongée, soit 25 Kg d’explosif fixés au bout d’une perche. Heintke se dirige vers le piédroit Sud de la casemate, le contourne, puis plaqué au mur de soutènement, se glisse en silence vers la façade des créneaux de tir. Progressant en rampant sous le créneau de droite, il parvient sous l’embrasure centrale d’où partent de rageuses rafales de mitrailleuses. D’un geste souple, Heintke se relève et enfourne sa perche dans la profondeur du créneau en actionnant le détonateur. Aussitôt, une énorme explosion suivie d’un jet de feu ravage le créneau et fait trembler le béton. (rapport Pohl)
Le caporal-chef Gardet a été tué dans l’explosion du jumelage, l’équipage suffoque sous la fumée : à 18 heures, Marois se rend. Non, les casematiers n’ont pas démérité. Seuls, sans appui d’artillerie,  cette « croûte » sacrifiée fut la victime d’une  succession d’erreurs du haut commandement. . La lutte était par trop inégale et pourtant ils infligèrent à l’ennemi plus de 3500 pertes entre le  15 et  24 juin 1940.
Sources
Les textes sont tirés des ouvrages suivants :
-         Bataille HS n° 10 Juin 1940 les Allemands franchissent le Rhin par Alain Hohnadel et Jean Mary
-         Hommes et Ouvrage de la ligne Maginot tome 1, 2 et 3 par Alain Hohnadel et Jean Mary

 

Insigne du 42e RIF et Plaque d’accueil
Les combats ont cessé, les vainqueurs posent pour la « postérité ».
2009
La chambre de tir nord est intacte, le canon de 47 cm est encore présent.
2009
Comme les autres casemates de la ligne des villages, la casemate 35/3 a subi les bombardements des JU 87 Stuka. A quelques mètres  de la chambre de tir Sud, on distingue 2 impacts de bombes de 500Kg signe de la précision des bombardements en piqué.
Aujourd’hui, ces cratères sont toujours visibles, la végétation commence à reprendre ses droits.
La casemate 35/3 Marckolsheim Sud a subi les tirs des canons de Flak 88mm. Trois obus de 88mm sont figés dans l’épais blindage de la cloche GFM (Guetteur et fusil mitrailleur). Le mortier de 50mm est resté en place dans son créneau.
En 2009, la tourelle est toujours en place, rien n’a changé. Ce vestige, hors du temps, rappelle l’âpreté des combats.
Projecteur  dans sa niche blindée avec son volet ouvert. Ce projecteur équipait la casemate 61/3 Ottmarsheim. Si l’on observe attentivement les photos d’époque de la casemate 35/3 Marckolsheim, il semble qu’elle n’était pas équipée de ce type de projecteur.
Le lieutenant Santer a été inhumé provisoirement dans le petit cimetière militaire situé derrière la casemate de Marckolsheim Sud.
2009
Un petit cimetière rassemblant les corps de soldats français tombés près de Marckolsheim a été implanté derrière la casemate 35/3 Marckolsheim Sud.
2009
A l’occasion du 14 juillet, les habitants des villages environnants ont confectionné un drapeau tricolore qui décore la tombe de deux casematiers du 42e RIF. Secteur de Marckolsheim
Aujourd’hui, cette simple croix rappelle aux visiteurs leur sacrifice
Hitler et sa suite se rendent à la casemate de Marckolsheim –sud. On reconnaît de gauche à droite : Martin Bormann, ministre de la guerre, le colonel Hans Rudel (armée de l’air), le SS-Standartenführer Walter Schellenberg (colonel de la sécurité du Reich), au dernier rang, le SS-Oberführer Fegelin (beau frère de Hitler au deuxième rang, le maréchal Keitel, un général non identifié, Heinrich Himmler (chef de la SS et Polizei) et Adolf Hitler. Cette visite aurait eu lieu entre le 27 juin et le 4 juillet 1940. 
2009
plan de la casemate dite de 3e ligne et cloche blindée exposée devant le musée.
la casemate devenu musée en 2009.
cloche blindée JM (jumelage de mitrailleuses) située sur la superstructure de la casemate. Elle ne semble pas avoir été touchée par les tirs de 88 mm.
créneau de tir. On distingue des traces vertes et brunes de peinture de camouflage.
La casemate en 2009.
Stèle souvenir et l’emplacement actuel du cimetière en 2009