MACKENZIE KING |
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Fils d'avocat, King avait
pour grand-père maternel William Lyon Mackenzie, l'un des chefs de la
rébellion du Haut-Canada en 1837. King étudie le droit et l'économie à
l'Université de Toronto (diplômé en 1895), puis à l'Université de Chicago
(M.A. 1897). Il poursuit ses études à Harvard. En 1900, il devient
sous-ministre au nouveau ministère du Travail. Il entre à la Chambre des
Communes en 1908, comme député libéral de North York. L'année suivante, en
1909, Sir Wilfrid Laurier le nomme ministre du Travail. Défait aux élections
de 1911, King œuvre comme consultant en relations de travail et il est
employé par la Rockefeller Foundation. Il publie Industry and Humanity en
1918, un livre où il expose sa vision d'un gouvernement qui, agissant au nom
de la société, doit prendre une part active dans la résolution pacifique des
conflits de travail.
Au congrès de 1919, le Parti Libéral choisit King comme chef. Négociateur
d'expérience, King redonne à son parti l'unité qu'il avait perdue et il le
mène au pouvoir aux élections de 1921. Pendant la prospérité des années
1920, le gouvernement King réduit la dette de guerre et institue un régime
de pension pour personnes âgées. Mais, après cette période de prospérité,
King n'admet pas la gravité de la crise économique et ne prend pas de
mesures adéquates pour en contrer les effets. En 1930, l'électorat donne le
pouvoir à R.B. Bennett et au Parti Conservateur. Le gouvernement
conservateur n'arrive pas à redresser l'économie ou à réduire
substantiellement les problèmes sociaux et, en 1935, les Libéraux reprennent
le pouvoir. Impuissant à mettre en place une politique économique cohérente pour
contrer la Grande Dépression, le gouvernement libéral voit l'économie chuter
de nouveau en 1937 et les coûts de l'assistance sociale s'élever encore.
Mais, à ce moment, King doit se concentrer sur la succession de crises qui
annoncent la possibilité d'une nouvelle guerre en Europe. Homme de
conciliation, King favorise la résolution pacifique des conflits par la
négociation. Il appuie donc la politique d'apaisement des gouvernements
britannique et français. Mais, en août 1939, l'invasion de la Pologne
entraîne la guerre et King appelle une session spéciale du Parlement où il
propose la proclamation de l'état de guerre. À compter de 1939, gouvernement, hommes d'affaires et ouvriers
collaborent à la transformation de l'industrie canadienne en vue de l'effort
de guerre. Mackenzie King sait que la conscription risque de diviser le pays
et de rendre les Canadiens français hostiles à l'effort de guerre. Avec
l'appui du ministre de la Justice Ernest Lapointe, il promet donc qu'il n'y
aura pas de conscription. Mais, le besoin en personnel militaire augmente
avec chaque année de guerre. En 1940, le gouvernement impose la conscription
pour la défense du territoire national, sans obligation de servir outre-mer.
En 1942, King demande à la population de libérer le gouvernement de sa
promesse et de permettre la conscription pour les troupes d'assaut si les
circonstances l'exigent. Malgré la réponse positive au plébiscite du 27
avril 1942, King attend à la fin de 1944, après les pertes importantes
subies en Normandie, pour permettre l'envoi au front d'hommes qui ne
s'étaient pas portés volontaires. Les Canadiens ont reproché à King d'être un chef sans créativité,
toujours convenable mais terne. En toute vérité, il ne possédait pas le
charisme d'un Churchill ou d'un Roosevelt et il ne savait pas enflammer
l'enthousiasme des foules et des troupes. Cependant, il a bien guidé le
Canada dans une lutte de géants. Par ses négociations incessantes, il a
maximisé la contribution de guerre des Canadiens tout en s'assurant que
l'intérêt du pays primât sur les demandes de la Grande-Bretagne. Il a assuré
la sécurité du Canada sur le continent nord-américain et, par son rôle de
conciliateur, il a contribué au rapprochement des deux grandes puissances
alliées, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Enfin, il a veillé au
bien-être des Canadiens pendant et après le conflit. source : musée Juno Beach |