SIMONDS |
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Fils d'un militaire
britannique établi au Canada, Guy Simonds est trop jeune pour combattre lors
de la Grande Guerre. À la fin des hostilités, de 1921 à 1925, il étudie au
Royal Military College de Kingston (Ontario) où il obtient son diplôme avec
mention et se mérite de nombreuses distinctions pour ses succès académiques,
sa conduite et sa discipline. En 1925, Simonds entre dans la Force
permanente canadienne et sert dans la Royal Canadian Horse Artillery à
Petawawa et à Winnipeg. De 1936 à 1938, le jeune capitaine suit les cours du
Staff College de Camberley, en Angleterre. On y remarque son intelligence et
son excellente compréhension des théories militaires et des problèmes
spécifiques à la guerre moderne. À la fin du cours, Simonds reçoit une
recommandation très louangeuse du commandant du collège. À son retour au
Canada, au printemps 1938, Simonds se joint au personnel du Royal Military
College. Les articles sur la guerre mécanisée qu'il propose au Canadian
Defence Quarterly confirment sa place parmi les penseurs les plus
brillants de l'Armée canadienne. Après la proclamation de l'état de guerre
du 10 septembre 1939, Simonds, alors major, est affecté au poste d'officier
d'état-major général, classe 2 de la 1re Division d'infanterie. Il est
stationné en Angleterre avec sa division en décembre 1939. En juillet 1940, Simonds est nommé commandant du 1er Régiment de campagne
de l'Artillerie royale du Canada, un régiment démoralisé qui a vécu la
déroute de Dunkerque. Ce poste sera de courte durée; en novembre 1940,
Simonds se voit chargé par le général
Andrew McNaughton de la
mise sur pied d'un programme condensé d'entraînement d'officiers, le
Canadian Junior War Staff Course. Reconnu comme un homme d'une grande habileté et comme un planificateur
hors pair, Simonds connaît une ascension fulgurante : il est nommé officier
d'état-major général, classe 1 de la 2e Division d'infanterie en mai 1941,
commandant de la 1re Brigade d'infanterie en septembre 1942 et, en avril
1943, commandant de la 1re Division canadienne d'infanterie. Il est alors
major-général. Simonds connaît sa première expérience de combat à la tête de la 1re
Division d'infanterie, à l'occasion de l'invasion de la Sicile. Il organise
habilement blindés, artillerie et infanterie et dirige ses troupes avec
assurance lors des batailles de Nissoria, d'Agira et de Regalbuto, ce qui
lui vaut d'être remarqué par le commandant de la 8e Armée, le général
Bernard Montgomery. Du 1er
novembre 1943 au 29 janvier 1944, Simonds commande la 5e Division blindée
canadienne. Puis, en janvier 1944, il est promu lieutenant-général et nommé
officier général commandant du 2e Corps canadien, qu'il doit entraîner en
vue de l'invasion prochaine de la Normandie. Le 2e Corps canadien établit son quartier général en France en juillet
1944, au moment où la campagne de Normandie semble s'enliser. En juillet et
en août, Simonds dirige quatre importantes opérations contre les Allemands :
Atlantic, Spring, Totalize et Tractable. Ce sont des opérations
difficiles contre un ennemi qui défend âprement chaque parcelle d'un terrain
qu'il connaît bien. Malgré le succès mitigé de l'opération, le plan de
Simonds pour Totalize (7 août) est remarquable à cause des tactiques
ingénieuses mises en œuvre pour neutraliser les blindés et les défenses
antichars des Allemands. C'est à cette occasion que Simonds invente le "
Kangaroo ", un véhicule de transport de troupes improvisé en débarrassant
des canons automoteurs Priest de leur pièce d'artillerie. Grâce à
l'opération Tractable (14 août), les Canadiens et les Polonais
réussissent à fermer la brèche de Falaise. Le 27 septembre 1944, Simonds assure temporairement le commandement de la
Première Armée canadienne, en remplacement du général
H.D.G. Crerar. Il fait
preuve à nouveau d'une grande adresse tactique pendant la libération de
l'estuaire de l'Escaut et la vigueur de son commandement plaît à
Montgomery. Toutefois,
Crerar reprend son poste, et Simonds achève la libération de l'Europe du
Nord-Ouest à la tête de 2e Corps canadien. Après la guerre, Simonds demeure en Angleterre à l'Imperial Defence
College. Il revient au Canada en 1949 comme commandant du Royal Military
College de Kingston. De 1951 à 1955, il est chef de l'état-major général et
il réorganise l'Armée canadienne en vue de la guerre de Corée, puis de la
participation canadienne à l'OTAN. Guy Simonds s'est grandement distingué parmi les généraux canadiens qui
ont participé à la Deuxième Guerre mondiale. Aux dires de Montgomery, il
était parmi les Canadiens le seul " général capable d'assumer un haut
commandement en situation de combat ". Le général Omar Bradley voyait en lui
le " meilleur des généraux canadiens " et le général Sir Miles Dempsey le "
meilleur de ses commandants de corps ". Tel qu'exprimé par l'historien Jack
Granatstein dans The Generals, Guy Simonds a été, aux yeux de ses
contemporains et des historiens, le meilleur soldat que le Canada ait
produit au cours de la Seconde Guerre mondiale. source : musée de Juno Beach |